Mis à jour le 09/07/2026 - Par Camille Gayral
Contrairement à une assurance auto ou une mutuelle santé, l’assurance vie n’est pas un contrat que l’on « résilie » à proprement parler : c’est un produit d’épargne, et sa fermeture passe par un rachat total. Ce guide explique la différence entre renonciation, rachat partiel et rachat total, les délais à connaître et la fiscalité applicable à chaque situation.
L’assurance vie n’est pas un contrat de prévoyance comme une assurance auto ou une mutuelle santé : c’est avant tout une enveloppe d’épargne, souvent adossée à un fonds en euros et/ou à des unités de compte. Elle n’a pas de durée d’engagement contractuelle et vos fonds ne sont, en principe, jamais bloqués. Le terme « résiliation » reste toutefois largement utilisé dans le langage courant pour désigner deux opérations bien distinctes :
Dans les 30 premiers jours du contrat, vous pouvez purement et simplement annuler la souscription, comme si elle n’avait jamais eu lieu.
Après ce délai, retirer l’intégralité de l’épargne constituée entraîne la clôture définitive du contrat. C’est l’équivalent, en pratique, d’une résiliation.
La distinction n’est pas qu’une question de vocabulaire : elle a des conséquences directes sur les délais, les justificatifs à fournir et surtout la fiscalité applicable, détaillée plus bas dans ce guide.
Conformément au Code des assurances, tout souscripteur d’une assurance vie dispose d’un délai de renonciation de 30 jours calendaires (week-ends et jours fériés inclus) à compter de la date à laquelle il est informé de la conclusion du contrat. Ce délai est deux à quatre fois plus long que le délai de rétractation classique des autres produits d’assurance, en raison de la dimension épargne et investissement du contrat.
Décomptés à partir de la remise de la proposition d’assurance et de la note d’information, ou de la réception du certificat d’adhésion selon les contrats.
La renonciation est gratuite et les sommes versées sont restituées en intégralité. Le contrat n’ayant pas eu le temps de générer de gains, aucun impôt ni prélèvement social n’est dû.
Si l’assureur n’a pas remis la proposition d’assurance et la note d’information, le délai de renonciation est prolongé, dans la limite de 8 ans après la souscription.
Le point de départ du délai correspond à la date à laquelle vous avez reçu l’information de la conclusion du contrat, indiquée sur votre certificat d’adhésion.
Indiquez vos coordonnées, le numéro de contrat, la date de souscription et le motif de votre demande (obligatoire dans le cadre de la lutte contre le blanchiment de capitaux).
La demande doit être adressée par lettre recommandée avec accusé de réception, postale ou électronique selon les modalités prévues au contrat.
L’assureur dispose de 30 jours à compter de la réception de votre courrier pour vous restituer l’intégralité des sommes versées.
Si les fonds ne sont pas restitués dans le délai de 30 jours, l’assureur doit vous verser des intérêts de retard calculés au taux légal majoré de 50 % pendant les deux premiers mois de retard, puis au taux légal doublé à partir du troisième mois.
Une fois le délai de renonciation dépassé, il n’est plus possible d’annuler rétroactivement le contrat. La seule façon de le fermer est d’effectuer un rachat total : le retrait de l’intégralité de l’encours (les versements cumulés, augmentés des gains et diminués des frais de gestion). Cette opération est possible à tout moment, sans condition de durée minimale de détention.
Certains contrats prévoient des pénalités de sortie ou une perte de garantie en capital en cas de rachat anticipé sur certains supports. Relisez vos conditions générales avant d’engager la démarche.
Le courrier doit mentionner vos coordonnées, votre numéro de contrat et votre souhait de procéder au rachat total, entraînant la clôture définitive du contrat.
Ces justificatifs sont systématiquement demandés pour permettre le virement des fonds et vérifier votre identité.
Avec Resilier.com, votre lettre est générée, imprimée et expédiée par La Poste. Vous recevez une preuve de dépôt et un accusé de réception dans votre espace client, sans vous déplacer.
À compter de la réception de votre demande, l’assureur dispose d’un délai légal de 2 mois pour vous verser les sommes dues, que ce soit dans le cadre d’un rachat total ou d’un transfert vers un autre distributeur. Passé ce délai, des intérêts de retard sont dus.
Un rachat total peut être refusé si le contrat fait l’objet d’un nantissement (utilisé en garantie d’un prêt, par exemple immobilier) sans l’accord du tiers bénéficiaire de cette garantie, ou si le souscripteur est mineur, sous curatelle ou sous tutelle sans l’autorisation requise.
Avant de vous résoudre à clôturer définitivement votre contrat, sachez qu’un rachat partiel permet de retirer une partie de votre épargne tout en conservant le contrat ouvert, avec son ancienneté fiscale. C’est souvent la solution la plus avantageuse si votre besoin de liquidités ne justifie pas une fermeture complète.
Un contrat plus ancien bénéficie d’une fiscalité plus avantageuse et d’un abattement annuel sur les gains après 8 ans. Clôturer un contrat ancien pour en ouvrir un nouveau fait perdre cette ancienneté : un rachat partiel maximum, laissant le solde minimal requis par l’assureur, permet souvent de répondre au besoin de trésorerie sans ce sacrifice.
Une autre alternative existe depuis la loi PACTE : le transfert du contrat vers un autre contrat d’assurance vie, au sein d’une même compagnie d’assurance. Cette opération permet de changer de gestion ou de support tout en conservant l’ancienneté fiscale du contrat d’origine.
Que le rachat soit partiel ou total, seuls les gains (intérêts du fonds en euros, plus-values des unités de compte) sont soumis à l’imposition : les sommes que vous avez vous-même versées ne sont jamais taxées. Pour les versements effectués depuis le 27 septembre 2017, deux régimes coexistent selon l’ancienneté du contrat au moment du rachat.
| Ancienneté du contrat | Fiscalité par défaut sur les gains | Abattement annuel |
|---|---|---|
| Moins de 8 ans | Prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux) | Aucun |
| 8 ans et plus | 24,7 % (7,5 % d’impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux) après abattement | 4 600 € (personne seule) / 9 200 € (couple), tous contrats confondus |
Vous pouvez, sur option, choisir l’imposition des gains au barème progressif de l’impôt sur le revenu plutôt qu’au prélèvement forfaitaire unique : cette option s’applique alors à l’ensemble de vos revenus de placement de l’année. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent quant à eux systématiquement dus.
Plus votre contrat est ancien, plus sa fiscalité est avantageuse en cas de rachat. C’est la principale raison pour laquelle un rachat partiel, qui préserve la date de souscription, est souvent préférable à une clôture totale suivie d’une nouvelle souscription.
Si votre assurance vie sert de garantie à un prêt (nantissement), l’assureur ne peut procéder à un rachat, même partiel, sans l’accord exprès du bénéficiaire de cette garantie, généralement votre banque.
Le décès de l’assuré entraîne automatiquement la clôture du contrat. Il ne s’agit pas d’une résiliation à l’initiative du souscripteur : les capitaux sont versés aux bénéficiaires désignés dans la clause bénéficiaire, selon une fiscalité spécifique à la transmission.
Dans certaines situations (fin de droits au chômage suite à un licenciement, cessation d’activité non salariée suite à une liquidation judiciaire, invalidité…), les gains rachetés sont exonérés d’impôt sur le revenu, même sur un contrat de moins de 8 ans. Les prélèvements sociaux restent en revanche applicables.
Vous gérez par ailleurs une assurance santé en parallèle ? Consultez notre guide complet pour résilier une assurance santé, avec les délais et modèles de lettres par assureur.
Oui. Il n’existe pas de durée d’engagement minimale : vous pouvez demander un rachat total (équivalent d’une résiliation) à tout moment. Seule la fiscalité applicable aux gains varie selon l’ancienneté du contrat.
La renonciation annule le contrat dans les 30 premiers jours, sans fiscalité. Le rachat partiel retire une partie de l’épargne en gardant le contrat ouvert. Le rachat total retire l’intégralité de l’épargne et clôture définitivement le contrat.
L’assureur ne peut pas facturer de frais de sortie pour un rachat, sauf clause contractuelle spécifique à certains supports. La seule « charge » est fiscale, via l’imposition éventuelle des gains.
Pendant le délai de renonciation, l’assureur dispose de 30 jours pour rembourser les sommes versées. Pour un rachat total ou partiel après ce délai, il dispose de 2 mois. Au-delà, des intérêts de retard sont dus.
Depuis la loi PACTE, un transfert vers un autre contrat au sein de la même compagnie d’assurance est possible, en conservant l’ancienneté fiscale. Un changement complet d’assureur nécessite en revanche un rachat total suivi d’une nouvelle souscription, avec perte de l’ancienneté fiscale.
Non. Tant qu’aucun rachat n’est effectué, les gains générés sur le contrat ne sont pas imposés, quelle que soit leur importance. La fiscalité ne s’applique qu’au moment d’un retrait ou du dénouement du contrat.
Ce guide est fourni à titre informatif. Les règles de fiscalité et de renonciation peuvent évoluer : vérifiez toujours les conditions générales en vigueur auprès de votre assureur, et rapprochez-vous d’un conseiller pour toute décision impactant votre épargne.